/  Eco-responsable   /  Mode éco-responsable : pourquoi réduire sa consommation de tissu synthétique ?

Le tissu synthétique abonde dans les boutiques de prêt-à-porter et dans nos armoires. Et pour cause : facilité d’entretien, caractéristiques techniques appréciables, et petits prix sont des atouts qui pèsent dans la balance. Mais derrière ces tissus synthétiques se cache un bilan écologique catastrophique. Quel est l’impact environnemental des tissus synthétiques ? Quelles sont les alternatives ? MADA, engagée pour une mode éco-responsable, répond à vos questions.

 

Les fibres synthétiques : l’opposé d’un tissu éco-responsable

Quand on se penche sur les tissus en fibres synthétiques, la pollution commence dès la production. Les fibres synthétiques sont, pour la majorité, des dérivés du pétrole (miam). Les procédés de fabrication impliquent donc des émissions de CO2 importantes, l’utilisation de produits chimiques et de solvants. Ces produits représentent un danger pour les ouvriers qui les manipulent, pour les sols et les eaux dans lesquels ils sont rejetés, et potentiellement, pour le consommateur final. En effet, les cas d’allergie aux tissus synthétiques sont de plus en plus nombreux. Parmi les tissus synthétiques les plus courants (et les plus polluants) :

  •       Le polyester : obtenu par synthèse chimique de deux composants du pétrole, l’acide téréphtalique et l’éthylène glycol ;
  •       L’acrylique : obtenu par polymérisation du nitrile acrylique, pour former une pâte qui est ensuite filée ;
  •       Le nylon : obtenu par une polymérisation en plusieurs étapes entre du diacide carboxylique et une diamine.

 

De notre machine à laver…. À la pollution des océans

Si les procédés de fabrication des tissus synthétiques ne font pas franchement rêver, c’est finalement l’impact de ces tissus, à travers notre utilisation quotidienne, qui pose un problème majeur.  A chaque lessive, les différents textiles en fibres synthétiques libèrent des microfibres plastiques dans l’eau. Ainsi, on estime qu’une machine de 6 kg de vêtements à 30° ou 40° rejette 730 000 fibres plastiques dans les eaux usées, avec un combo gagnant lorsqu’il s’agit d’acrylique ou de polyester, les deux matières qui rejettent le plus de microfibres plastiques.

L’eau de la lessive est ensuite évacuée vers une station d’épuration ou une fosse septique. Problème : nos procédés de traitement des eaux sont biologiques, et la biologie ne se nourrit pas de plastique, donc, les microfibres plastiques poursuivent leur petit chemin vers l’océan. Si cette pollution est invisible à l’œil, elle est réelle, avec un impact lourd sur la faune et la flore des milieux marins.

 

Les effets des fibres synthétiques sur l’environnement et la santé

En 2016, l’association Eunomia dressait un premier état des lieux quant à la pollution liée aux microplastiques dans l’océan. En 2014, 20 % des microplastiques primaires dans le milieu marin provenaient des fibres de vêtements synthétiques, ce qui représente 190 000 tonnes par an. Une seconde étude menée en 2017 par J.Boucher & D.Friot pour l’IUCN (International Union for Conservation of Nature) estimée que 35 % des microplastiques dans l’océan provenaient des fibres de vêtements synthétiques. Des données complétées par une étude menée par l’Université de Plymouth, au Royaume-Uni, estimant que plus de 700 000 fibres microplastiques pouvaient être relâchées à chaque machine.

Ces microparticules invisibles à l’œil, et trop petites pour être filtrées, finissent par se répandre partout dans notre environnement. Cela affecte même l’être humain, qui selon une étude du WWF de 2019, ingère près de 5 gr de plastique par semaine. Soit l’équivalent du poids d’une carte de crédit (encore, miam !). La provenance de ce plastique ? L’eau embouteillée, mais aussi provenant du robinet, la consommation de poisson et de crustacé, de sel, et de bière.

 

Des alternatives naturelles pour une mode éco-responsable

Face à un tel constat, on ne peut que s’interroger : comment lutter contre la prolifération des microplastiques dans les océans ? Du côté de votre dressing, il est nécessaire de limiter la consommation de tissus synthétiques. D’autant plus qu’aujourd’hui, les alternatives ne manquent pas. Le coton biologique (lien vers l’article coton bio), le lin et le chanvre se révèlent des solutions de premiers choix : résistants, agréables à porter, avec un joli rendu. De plus, la France est le leader mondial de la production de lin, et leader européen de la production de chanvre ; une belle opportunité de repenser sa consommation de vêtement façon locale.

Si le naturel ne suffit pas pour étoffer votre garde-robe, il y a aussi des innovations dans le domaine du synthétique. Le lyocell, par exemple, est un tissu produit à partir de fibre d’eucalyptus, traitées avec des solvants non-toxiques et recyclables. Un tissu 100 % biodégradable, comme ses cousins, le Tencel et le Modal.

Orienter sa garde-robe vers des tissus éco-responsables demande certes un effort, mais cet effort devient plus que nécessaire aujourd’hui. Aussi, de petits gestes peuvent permettre de limiter la pollution microplastiques : porter ses vêtements plusieurs fois avant de les laver, réduire la durée des lavages… Et surtout, bien lire les étiquettes de composition des vêtements avant de passer à l’achat !

Chez Mada, nous sommes convaincus qu’on peut être stylée tout en protégeant la planète, c’est pourquoi nous ne produisons que des accessoires de mode éco-responsables. Ainsi, tous nos chouchous sont en coton biologique certifié GOT, et teint à la teinture végétale.

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